Le cancer colorectal regroupe les tumeurs malignes du côlon et du rectum. Il s’agit du 3e cancer le plus fréquent chez l’homme et du 2e cancer le plus fréquent chez la femme, avec 47 582 nouveaux cas chaque année en France (Santé Publique France). Le dépistage précoce est essentiel pour traiter cette maladie de façon efficace.
Qu’est-ce que le cancer colorectal ?
Le cancer du côlon et du rectum désigne une tumeur maligne qui prend naissance dans la muqueuse de ces organes. Elle se développe à partir des cellules du gros intestin, la partie terminale du tube digestif.
Dans une grande majorité de cas, le cancer colorectal provient de la transformation d’un polype bénin adénomateux ou festonné. Cette transformation peut durer plusieurs années. Le type le plus fréquent de cancer colorectal est l’adénocarcinome.
Habituellement, le cancer colorectal est d’abord localisé, puis les cellules tumorales peuvent se disperser dans l’organisme par le sang et la lymphe pour former des métastases à distance (notamment au foie et aux poumons).
Le cancer colorectal se hisse au 3e rang des cancers les plus courants chez l’homme derrière celui de la prostate et du poumon, et au 2e rang chez la femme derrière le cancer du sein. Il touche un petit peu plus fréquemment les hommes.
Le dépistage et les innovations thérapeutiques permettent aujourd’hui d’augmenter les chances de survie des malades.
Cancer colorectal : les facteurs de risque
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de voir apparaître un cancer colorectal :
- l’âge (le cancer est plus fréquent chez les personnes de plus de 50 ans, avec une moyenne d’âge de 70 ans au moment du diagnostic) ;
- les antécédents personnels ou familiaux de cancer colorectal ;
- la présence de polypes du côlon ou du rectum ;
- le surpoids ou l’obésité ;
- le tabagisme ;
- la sédentarité ;
- une alimentation mal équilibrée (et trop riche) ;
- l’alcool ;
- certaines pathologies inflammatoires qui nécessitent un suivi rapproché (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique, etc.).
Les symptômes du cancer colorectal
Les symptômes provoqués par le cancer du côlon et du rectum sont peu spécifiques et la maladie peut être silencieuse à un stade précoce.
Lorsqu’elle évolue, elle peut entraîner :
- Des troubles intestinaux : diarrhée persistante, constipation, nausées, vomissements, envie pressante d’aller à la selle, sensation de vidange incomplète du rectum, sensation de rectum plein, selles plus étroites, nécessité de faire des efforts pour expulser les selles s’accompagnant de douleurs, mais sans grande efficacité, etc.
- La présence de sang dans les selles : se traduisant par des selles noires, témoignant de sang digéré, ou de sang rouge ou foncé lors des selles pouvant évoquer une rectorragie.
- Des douleurs dans la région abdominale ou des douleurs rectales.
- Des signes cliniques généraux : perte de poids, anémie, asthénie, fièvre persistante, etc.
Puisque ces symptômes ne sont pas nécessairement liés à une tumeur maligne, ils peuvent révéler la présence d’un autre trouble de santé qu’il convient de diagnostiquer et de traiter.
Diagnostic de cancer colorectal
Le diagnostic s’effectue selon plusieurs examens :
Le premier est l’examen clinique pendant la consultation médicale. Le médecin traitant peut adresser son patient à un gastroentérologue en cas de doute.
La rectocoloscopie, effectuée par le gastroentérologue, permet de visualiser l’intérieur du rectum grâce à un endoscope rigide. La rectocoloscopie est l’examen de référence pour diagnostiquer un cancer du côlon ou du rectum. Elle peut être programmée en cas de symptômes évocateurs de cancer, de test de dépistage positif (le test a détecté la présence de sang dans les selles), de facteurs de risque chez le patient (il bénéficie alors d’un dépistage individuel régulier par rectocoloscopie).
L’examen se déroule sous anesthésie générale brève et permet de visualiser le rectum et le côlon, de réaliser des prélèvements biopsies et de retirer d’éventuelles lésions suspectes. Les échantillons sont envoyés en laboratoire d’anatomopathologie pour analyse et confirmation du diagnostic.
D’autres examens d’imagerie peuvent compléter le diagnostic et contrôler l’étendue du cancer, comme le bilan sanguin, le scanner TAP, l’échographie abdominale, l’IRM abdominale, ou le PET SCAN.
Cancer colorectal : les traitements
Le traitement d’un cancer colorectal dépend des caractéristiques de la maladie.
En cas de tumeur localisée, la chirurgie est généralement envisagée comme traitement principal afin de réséquer la tumeur. Différentes techniques sont possibles selon l’indication initiale.
La chimiothérapie fait aussi partie des traitements possibles en cas de tumeur localisée. Elle permet notamment de réduire le risque de rechute.
En cas de tumeur de stade avancé et de cancer métastatique, il est possible de délivrer une chimiothérapie, parfois associée à une thérapie ciblée. Selon la réponse thérapeutique et l’évolution, une chirurgie peut être proposée.
D’autres traitements peuvent être proposés, comme les soins de support ou l’inclusion en essai thérapeutique.
La radiothérapie peut faire partie des traitements du cancer colorectal. Elle permet de détruire les cellules tumorales et de traiter les métastases. La radiothérapie concerne plutôt les tumeurs du rectum que celles du côlon. Elle peut être associée à la chimiothérapie de façon concomitante.
La radiothérapie en IMRT (radiothérapie conformationnelle et par modulation d’intensité) est une technique qui permet de mieux distribuer la dose de rayons en adaptant le volume et la zone à traiter grâce à l’imagerie et aux images 3D. Les volumes tumoraux cibles de forme complexe, comme le rectum, peuvent ainsi être traités en toute sécurité en épargnant au mieux les tissus voisins sains.
Dans certains cas, le recours à la curiethérapie (radiothérapie interne) peut être privilégié pour détruire les cellules cancéreuses du rectum avant une intervention chirurgicale.


